J'ai peur que demain, tous (et moi la première) ne croyions plus qu'à un mauvais rêve et oubliions les sentiments de révolte, de colère, de solidarité, de devoir d'expression, à cause de l'essoufflement ou de la surenchère des medias, à cause, simplement, de notre confortable quotidien...


Je veux changer, me souvenir, me battre, avec mes armes, mots et couleurs. Tous les jours. Pour Charlie, Charb, Cabu, Wolinsky, Tignous, Honoré, Bernard, Elsa, Franck, Frederic, Mustapha, Ahmed, Michel, mais aussi pour chacun d'entre nous. Quelque chose s'est réveillé en moi, hier, et je ne veux plus jamais qu'il se rendorme. Et je le dis ici, parce que c'est important. Ça peut paraître mélodramatique. Mais j'ai besoin d'aide pour rester éveillée, et je ne suis pas la seule. Nous aurions dû TOUS ÊTRE CHARLIE avant que cela n'arrive, et nous devons LE RESTER. Cette certitude, je ne veux pas qu'elle s'évanouisse.